L'anglais facile

L'anglais facile

L'anglais est-elle une langue facile? Faisons le point sur les facilités et les défis que présente l'anglais.
L'anglais est-elle une langue facile???

L'anglais facile : mythe ou réalité?

Les publicités nous promettant d'apprendre l'anglais de manière facile ou, ce qui est similaire, comme s'il s'agissait de notre langue maternelle, "comme un enfant" (comme un jeu d'enfant?) ou tout signe de facilité similaire ne manquent pas. On les voit un peu partout, ces pubs, qu'il s'agisse d'apprendre l'anglais ou une autre langue.

Alors, quid de cette facilité en anglais?

J'ai eu envie d'être réaliste en consacrant un article au sujet.

Voyons donc en quoi l'anglais EST, réellement, une langue facile (car c'est encourageant!) ET en quoi l'anglais n'est PAS une langue facile (car connaître les difficultés dans un domaine donné permet de les gérer plus... facilement ;)).

Avanti!... Je veux dire... Let's go!

Ce qui rend l'anglais facile... et comment en profiter.

- L'anglais est une langue très très présente.

Cela la rend très accessible et le fait de pratiquer son anglais tous les jours aisé. L'anglais est d'un accès facile : à portée de main, de clic ou de télécommande!

Comparez cela avec le fait d'apprendre à parler inuit, la langue des esquimaux... Ne parlons pas de la difficulté à trouver une méthode de langue inuit... Alors, déjà, ce n'est pas facile d'apprendre une langue UNIQUEMENT dans les méthodes de langue (les méthodes de langue, c'est bien, mais ce n'est pas suffisant). Une fois cela fait, ou du moins certaines bases de l'inuit acquises, allez-vous s'en trouver des partenaires de conversation... Puis allez-vous s'en trouver de quoi vous entourer de la langue à l'écrit et à l'oral pour en faire régulièrement... Mettons que cela soit faisable... De combien de temps et de quels choix disposeriez-vous pour pratiquer votre inuit? Auriez-vous beaucoup d'options? Auriez-vous beaucoup d'options *qui vous plaisent*, en fonction de vos goûts personnels? Comptez aussi que, lorsqu'on ne "consomme" pas suffisamment une langue, on perd sa capacité à la parler, ou on ralentit ses progrès, d'autant plus lorsqu'on en est encore à un niveau modeste de langue.

J'ai pris l'exemple de l'inuit pour marquer le contraste d'avec l'anglais. Mais serait-ce si facile de trouver de quoi pratiquer pour une langue pourtant aussi parlée que le Russe? Pas vraiment.

La beauté... Avec l'anglais... C'est, justement, que vous disposez d'une immensité d'options pour pratiquer, aussi bien en terme de variété des supports (vidéos : Internet, DVD, streaming, TV... ; audios : musique, livres audio, podcasts... ; à l'écrit, n'en parlons même pas!) qu'en matière de variété des thèmes (tous les thèmes! Des millions de contenus en anglais à votre disposition!).

Trouver des personnes avec qui converser, avec Internet, est aussi très facile, dès lors que l'on est un peu astucieux.

Cette abondance de la production anglophone vous permet de trouver chaussure à votre pied et de faire de l'anglais tous les jours comme bon vous semble.

- L'anglais est une langue très utile.

L'idéal est d'être auto-motivé : vous faites de l'anglais parce que vous AIMEZ FAIRE DE L'ANGLAIS. Il ne s'agit pas d'aimer la langue (les verbes, la conjugaison, les exceptions), pas nécessairement du moins, il s'agit d'aimer ce que l'on en fait (avoir 10 fois plus de choix sur Internet et ailleurs, avoir de meilleurs choix, développer ses passions en anglais, se tenir à jour des dernières nouveautés en anglais dans son domaine).

L'accessibilité de la langue vous aide à trouver des sujets qui vous enthousiasment vraiment, qu'il s'agisse de séries télé, de passion toute personnelle ou d'engouement pour un métier. C'est ainsi une RICHESSE que de parler anglais. Une richesse accessible.

Plus radicalement, l'anglais est indispensable pour travailler avec l'étranger et la globalisation va croissante... Parler anglais, c'est avoir davantage d'options de carrière. Tout le monde aime voyager et l'anglais, à titre privé ou professionnel, ouvre évidemment des portes. Est-ce que cela rend l'anglais facile? Si l'on se met la pression au point de stresser, je vais vous dire que non. Si on a pris goût à l'anglais au point d'en faire tous les jours, je dirai que oui, car qui se sert de l'anglais au travail peut plus facilement voyager.

Avoir *besoin* de l'anglais aide aussi à se motiver. Courir après les choses dont on a besoin, plutôt que juste envie, aide à se donner les moyens.


A vrai dire... Je vais m'arrêter à ces deux éléments, à savoir l'accessibilité et l'utilité de l'anglais, quant à ce qui rend l'anglais facile à apprendre (et parler) de nos jours! Ce sont deux portes ouvertes vers des centaines de domaines à explorer en anglais, pas juste pour parler la langue, mais POUR SOI, par plaisir ou pour le travail.

Rappelez-vous qu'on peut faire de l'anglais tous les jours sans s'expatrier. Ne sous-estimez pas cela. C'est LA solution pour apprendre une langue étrangère. (Pour apprendre une langue étrangère correctement, il s'agit de la rendre familière. La pratique et la régularité permettent cela.)


Ce qui ne rend PAS l'anglais facile... et comment désamorcer ces pièges!

- Le texte ne reflète pas la prononciation.

En français, nous sommes relativement habitués à ce qu'une même syllabe se prononce de la même manière quel que soit le mot dans lequel elle apparaît. Il y a des exceptions, mais nous les connaissons, à force de baigner dans le français depuis la naissance. En anglais, ce n'est pas aussi simple. Il y a beaucoup de règles ET beaucoup d'exceptions.

En anglais, l'écriture reflète très peu la prononciation.

En français, les sons très proches se distinguent à l'écrit mais ne modifient pas vraiment le sens à l'oral. Que l'on dise "pose" ou "pause", on se fera comprendre, par le contexte (on prononce ces deux mots de la même manière dans la plupart des régions). En anglais, que vous parliez de "peach" ou de "pitch" n'aura pas du tout le même sens... Et si vous prononcez l'un au lieu de l'autre, on risque de vous regarder bizarrement un instant (!). [Et à tous les esprits tordus : OUI, j'aurais pu choisir un couple d'exemples beaucoup moins politiquement corrects ;-)]

Qui plus est, en anglais, généralement : seule la syllabe qui porte l'accent est distinctement prononcée... Dans les autres syllabes, les voyelles sont à peine perceptibles. La plupart des voyelles d'un mot sont ainsi quasiment muettes (on appelle ce son peu perceptible, proche d'un "e muet", le 'schwa'). Attention, je parle ici du langage courant, même pas du langage familier ou argotique, juste une conversation normale! On se retrouve ainsi, pour faire simple, avec énormément de voyelles qui n'ont rien à voir avec leur prononciation en français, et, cela, en fonction de leur place dans le mot. Pas surprenant qu'on ait l'impression que les anglophones "mâchent" leurs mots.

Similairement, les détracteurs de l'anglais comme langue internationale citent souvent, avec raison, que le nombre de dysléxiques est le plus important dans les pays anglophones. (C'est sans doute ce qui arrive lorsque plein de lettres s'écrivent sans se prononcer!)

Est-ce que cela doit vous faire peur? Allo??? Est-ce qu'il me reste des lecteurs après cet ensemble de déclarations?!

Avec un bon cours de phonétique, tout se passe beaucoup mieux.

Enfin, après avoir acquis la phonétique anglaise, un peu d'expérience de la langue parlée (pas forcément intense, mais régulière) permet que tout se passe très bien. En somme, sur ce point : EN ANGLAIS, la phonétique est importante, gardez-le en tête, concentrez-vous dessus, et tout sera plus facile.

Cela semble faire beaucoup? Ces éléments dépendent les uns des autres. Donc vous pouvez avancer sur tous ces fronts en même temps.

Les efforts à fournir sont originaux (au sens où on a trop longtemps sous-estimé l'oral et, SURTOUT, le phonétique en anglais) mais ils sont modestes.

Tout est lié :
* Connaître les bases de la phonétique permet de l'appliquer dans sa pratique orale de l'anglais.
* Ce faisant, cela permet de voir quels sons on doit "mâcher" à l'oral pour être compréhensible...

Théorie et pratique se nourrisent l'un l'autre et vous apportent de l'expérience... C'est un cercle vertueux.

Une chose est sûre : plus l'anglais devient facile pour vous, plus il deviendra facile par la suite.

Le plus dur ce sont les débuts et la découverte de quelques obstacles à surmonter.

L'expérience s'accumulant... L'aise et le naturel viennent. La prononciation, évidemment, devient elle aussi naturelle, automatique. De même que les mots ("parler sans avoir à y penser").

Il s'agit juste d'être vigilant, aux bons moments, dans son apprentissage. Pour éviter les mauvaises habitudes et gagner du temps, du confort.

Concrètement, pour franchir ce cap de l'oral, oubliez pendant quelque temps que l'anglais s'écrit... Et partez à la découverte de l'anglais réel, tel qu'il est parlé. Phonétique et pratique (à travers les séries télé et les livres audio...) seront vos alliés.

- L'anglais "bloque".

L'anglais bloque. L'anglais stress. "Devoir parler anglais" rend les gens bizarres. L'anglais donne des sueurs et réveille la peur d'avoir l'air idiot en public, qu'il s'agisse d'une classe remplie d'élève de 10 ans ou d'une réunion remplie de gens "sérieux", cela ne semble rien changer!

A force d'entendre partout qu'il faut parler anglais, ou que c'est facile, ou que l'on a eu tous autour de 10 ans de cours... Ou que telle ou telle personne a galéré de manière embarassante à l'oral... Ou de ne se servir de l'anglais QUE pour quelque chose d'important et jamais avant (entretien d'embauche)... Ou d'avoir essayé puis de s'être découragé... Ou d'avoir entendu, et cru, qu'il fallait un "don" pour les langues... Ou de croire que cela prend des années pour apprendre à parler anglais (cela prend du temps, et on apprend des choses toute sa vie... mais *des années* pour parler anglais, avec une bonne méthode?! N'exagérons rien! Avec une mauvaise méthode, bien sûr, cela peut prendre l'éternité, et c'est long ça! :))...

Eh bien!...

Pour toutes ces raisons, et celles que je vous laisse imaginer, ou, plutôt, que je vous laisse *arrêter* d'imaginer...

Eh bien, les gens font des blocages avec l'anglais.

Personne n'a envie de passer pour un idiot. Parler une langue étrangère que l'on ne connait pas est une bonne occasion pour cela, malheuresement, parfois.

Alors... La solution : arrêtez de faire de l'anglais pour les autres.

Faites de l'anglais POUR VOUS. Alors, vous vous pardonnerez vos erreurs, vous vous permettrez d'en faire le temps d'essayer puis d'y arriver...

Je ne vais pas transformer cette section en cours de psychologie, même si l'envie ne manque pas, et juste vous dire que la solution à tout blocage de ce type est d'apprendre à être de plus en plus détendu comme vous pratiquez.

Revoyez le premier point de cet article sur l'anglais comme langue à la production abondante... Puisez dans cela pour de l'inspiration.

Trouvez des choses que vous aimez VRAIMENT faire en anglais. Profitez-en.

Je ne vous promets pas que vous n'aurez pas de réguliers "coups de stress", en particulier comme vous vous essayez à des choses nouvelles, à des contextes nouveaux, pour pratiquer l'anglais...

Ceci dit : si vous apprennez à AIMER votre pratique de l'anglais, non seulement vous serez meilleur parce que vous pratiquez plus, mais vous serez davantage détendu car vous trouverez du plaisir dans vos aventures linguistiques.

C'est sans doute en cela qu'il y a un "déclic" dans le fait de rendre l'anglais facile. Si vous savez faire les choses avec plaisir, elles paraissent tout de suite plus faciles. Les progrès suivent plus facilement.



Bon, j'ai fait les "pour", j'ai fait les "contre", vous pensez peut-être que c'est fini maintenant? Ce serait un peu trop facile, non? ;)

Voici des facteurs qui peuvent aussi bien aller dans un sens que dans l'autre. Alors, domptez-les et débrouillez-vous pour qu'ils vous servent au lieu de vous ralentir!

- En France, les cours d'anglais se font à l'écrit!

C'est un facteur qui a pu vous donner des centaines d'opportunités d'apprendre à MAL prononcer un texte en anglais. Peut-être en êtes-vous, pourtant, à un stade où vous connaissez pas mal de vocabulaire en anglais, car l'un n'empêche pas l'autre. Problème de taille, avec de mauvaises habitudes, acquises par une approche "100% texte" de l'anglais : vous êtes peut-être persuadés que des mots, dont vous connaissez très bien le sens, se prononcent d'une certaine manière, alors que ce n'est pas du tout le cas.

Ayez conscience de ces mauvaises habitudes acquises en classe.

Ayez conscience que vous avez sûrement des efforts à fournir à l'oral. Et quand je dis "oral", je ne dis pas lever la main en cours collectif ou discuter avec un prof particulier (quoi que tout cela ne puisse pas faire de mal). Non. Je parle du fait d'APPRENDRE ou RE-APPRENDRE les principes de la prononciation anglaise.

Ca fait peur?

C'est simple, rassurez-vous! Deux questions auxquelles répondre :

Quels sont les sons présents dans la langue anglaise?
Savez-vous les prononcer?

Partant de là, évidemment : savez-vous rattacher tout le vocabulaire que vous connaissez à sa prononciation correcte? En utilisant les deux règles-questions ci-dessus.

Il s'agit de "se refaire" en anglais, pour revoir, corriger et renforcer sa capacité à produire, à l'oral, un anglais 100% correct. C'est un petit cap à franchir qui rendra tout le reste beaucoup plus facile... Tout simplement parce que vous gagnerez, déjà, beaucoup en assurance. (Etre sûr de la manière dont les choses se font ou se disent apporte beaucoup de confiance en soi.)

Ajoutez à cela, la satisfaction de se faire comprendre et de savoir que l'on peut gérer l'oral en anglais. C'est un effort modeste, à court terme, pour des résultats importants *et* à long terme. Bien prononcer vous servira TOUJOURS! :)

- L'anglais et le français ont beaucoup en commun.

Ces similitudes sont-elles un ami ou un ennemi?

L'anglais emprunte de nombreux mots au français, et vice-versa. Le principal faux-pas à éviter est d'essayer d'utiliser des termes français (ou d'origine française) en toute occasion, car, si les sens sont proches, ils ne sont souvent pas exactement les mêmes et on ne les emploie pas dans les mêmes contextes.

Par exemple, pour parler de liberté, en anglais, on peut utiliser le terme "freedom" ou le terme "liberty". Alors, lequel est lequel??

L'astuce, pour TOUT le vocabulaire, est de l'apprendre expression par expression, et non pas "mot par mot". Lorsque les gens me demandent ce que signifie un mot en anglais, ma réponse est le plus souvent une autre question : "c'est quoi la phrase??". Pourquoi? Parce que le sens dépend du contexte. Si certains mots (souvent, les plus fréquents) n'ont qu'un sens, la MAJORITE des mots ont plusieurs sens. D'où l'importance du contexte, autant pour comprendre que pour mémoriser.

Pour l'exemple ci-dessus, "freedom" parle de liberté au sens de liberté d'action, comme dans "freedom of speech", on se concentre plutôt sur l'acte. "liberty", quant à lui, parle plutôt de liberté des individus, on se concentre plutôt sur le côté humain de la chose. Dans certaines cas, les deux sens se recoupent, dans d'autres moins. Le premier terme est plus courant est le second n'est parfois qu'un effet de style pour parler du premier (pour le style, par snobisme ou parce que cela rend mieux à l'écrit). Et si cela semble un peu flou c'est normal : une expression d'un seul mot sera souvent plus floue qu'une expression de plusieurs. Si "freedom of speech" réfère à quelque chose de très précis, "freedom", lui, peut réfèrer à beaucoup de choses.

Cela ne s'arrête bien évidemment pas ici. Il y a aussi bien entendu les faux-ami qui n'ont rien à voir. "library", c'est un endroit où l'on peut consulter des livres... mais, pour en acheter, il faut aller au "bookstore".

Le faux-ami le plus traitre est sans doute "actually"... Qui signifie "en fait" et est synonyme de "in fact". Pour dire "actuellement", on dit "at the moment" ou "recently". Comment ne plus tomber dans le piège? Sur ce point, c'est uniquement une question de pratique. Après être tombé dans le piège un certain nombre de fois sur une expression donnée, on commence à se méfier, puis on associe, on "voit" bien, surtout après l'avoir utilisé, que si le mot s'écrit pareil, comme on change de langue, on change de sens. Cela devient automatique. Plus on est régulier, plus tout cela est facile et rapide, car les efforts se cumulent en progrès.

Sachez que les mots ayant un point commun vont vous aider à mémoriser, en vous aidant à remonter au sens du mot grâce à sa racine. Qui plus est, ces "termes proches" sont BIEN PLUS NOMBREUX que les faux-amis (relativement rares). Votre cerveau aura de la place pour tout cela, faites-moi confiance :)



Voilà. J'espère que cette vue d'ensemble des facilités et défis de la langue anglaise vous aideront à avancer et à, VRAIMENT, rendre l'anglais facile, et de plus en plus facile, pour vous.

Bons progrès en anglais!
Fabien Snauwaert
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